L’ÉTUDE CAC 40 VCOMV :

Carnet de tendances

Pour une gouvernance responsable

Au vu des événements récents (affaire GHOSN, résurgence des fonds activistes…), la bonne gouvernance est plus que jamais un trait d’image significatif.

Notre conviction : il y a désormais quatre piliers de la sagesse patronale.

1. L’organisation et l’exercice de contre-pouvoirs.

Un dirigeant doit être challengé par toute une série de contre-pouvoirs :

  • Des Conseils d’administration indépendants, susceptibles d’apporter la contradiction afin d’éliminer tout soupçon de capitalisme de l’entre-soi. Deux mécanismes d’équilibre parmi d’autres : les Administrateurs référents et les « executive sessions » (réunions tenues hors la présence du mandataire social exécutif).
  • Des Conseils d’administration indépendants, efficaces et donc pas trop nombreux afin de pouvoir effectivement exercer leur contrôle sauf à être de simples chambres d’enregistrement.
  • Une gouvernance dissociée : CLAMADIEU-KOCHER chez ENGIE, GALLOIS-TAVARES chez PSA, SENARD-BOLLORE chez RENAULT ou WEINBERG-BRANDICOURT chez SANOFI.
  • Des Comex forts afin d’empêcher tout management autoritaire.

2. La profondeur de management.

Trois règles d’or à respecter :

  • S’entourer des meilleurs y compris des gens plus intelligents que soi ;
  • Recruter les meilleurs, ce qui ne veut pas forcément dire les meilleurs amis de sa promotion ;
  • Attirer les meilleurs et savoir les retenir dans la durée, c’est-à-dire savoir les faire évoluer.

3. La préparation de la succession.

Aux Etats-Unis, tout CEO qui se respecte se doit de préparer avec la même attention et autant d’ardeur son plan stratégique ET son plan de succession.

Or, il y a, encore, au sein-même du CAC 40, une douzaine de patrons qui ne préparent pas officiellement leur succession.

Les meilleures successions car les plus logiques sont celles qui se déroulent en interne. C’est ainsi que l’a entendu, en 2018, la totalité des entreprises du CAC 40 confrontées à ce cas de figure, cela dans une logique de continuité (CHERY chez STMICROELECTRONICS, COQUART chez LEGRAND, FAURY chez AIRBUS, MACHUEL chez SODEXO, MENEGAUX chez MICHELIN).

4. La conscience sociale et sociétale.

La bonne gouvernance, ce n’est pas seulement appliquer des Lois ou des Codes, c’est aussi, peut-être surtout, savoir donner un supplément d’âme.

Dorénavant, la seule performance financière et boursière de l’entreprise ne suffira plus à évaluer un PDG ; il faudra y ajouter sa fibre sociale et son empreinte sociétale.

Il y a là tout un devoir d’exemplarité pour les dirigeants car, faute de « raison d’être » donnée à l’entreprise, ce sont les jeunes générations qui continueront à bouder les grands groupes pour préférer créer leur entreprise voire partir à l’étranger.

Ce n’est sans doute pas un hasard si le dirigeant qui est appelé à la rescousse de RENAULT-NISSAN est celui-là même qui coche toutes les cases des indicateurs de bonne gouvernance : Jean-Dominique SENARD. Il faut dire qu’il a été à bonne école : l’école MICHELIN.

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