L’ÉTUDE CAC 40 VCOMV :

Carnet de tendances

Un CAC 40 « disruptif » !

Ce qui est frappant dans le CAC aujourd’hui, c’est la façon dont il « casse » les codes et brise les tabous.

Il s’agit bel et bien d’une triple rupture :

1. La Succession :

La Succession, qui était un gros mot, n’est plus un sujet tabou car même les plus réticents des dirigeants du CAC 40 ont enfin décidé de franchir le pas :

  • la préparation dynastique (Bernard ARNAULT pour LVMH) ;
  • la préparation « double tiroir » (dynastique et interne à l’entreprise : Martin BOUYGUES pour le groupe BOUYGUES) ;
  • la préparation croisée (à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise : Georges PLASSAT pour CARREFOUR) ;
  • l’annonce datée de passage de relais ; Carlos GHOSN (RENAULT) au profit d’Hirato SAIKAWA chez NISSAN (au 1/04/17) et Maurice LEVY (PUBLICIS) au profit d’Arthur SADOUN (au 1/06/17).

2. La Digitalisation :

La Digitalisation, le dossier du digital, pour brutal qu’il soit, est devenu un dossier prioritaire des sociétés du CAC 40 car il heurte de plein fouet la quasi totalité des entreprises composant l’indice parisien. Il n’y a donc pas de demi-mesure, c’est pour elles le choix de la digitalisation à marche forcée avec plusieurs approches et ripostes possibles :

  1. Sonner la mobilisation générale dans l’entreprise et se doter d’un CDO (« Chief digital officer »), membre du Comex, en charge de la transformation digitale : Lubomira ROCHET chez L’OREAL, Yves LE GELARD chez ENGIE ou Maud BAILLY chez ACCORHÔTELS ;
  2. Acquérir des « start-up » situées directement dans la sphère d’influence de l’entreprise (façon AXA ou MICHELIN) ;
  3. Acquérir une entreprise très digitalisée de son secteur et/ou fusionner avec elle (c’est le parti pris d’AIR LIQUIDE avec AIRGAS ou d’ESSILOR avec LUXOTTICA) ;
  4. Devenir soi-même un GAFA, c’est-à-dire se transformer en GAFA pour mieux rebondir (AXA, ORANGE, VIVENDI…).

3. Les Diplômes :

Les Diplômes, le fait d’avoir « fait » les grandes écoles (X, ENA…) n’est plus tout à fait le critère déterminant de sélection des dirigeants des entreprises du CAC 40. Xavier NIEL avait déjà ouvert la voie dans le fait de « casser » les codes à ce sujet.

Les diplômes sont bousculés dans leur hiérarchie à un point tel qu’on n’hésite plus à les remettre en cause dans la sélection des dirigeants afin de privilégier un certain nombre de parcours originaux :

  •  Le choix de BUBERL à la tête d’AXA qui est une petite révolution de palais : rien à voir avec CASTRIES, l’Inspecteur des Finances, son prédécesseur, ou MOREAU, le Polytechnicien, le dauphin présumé de son prédécesseur ;
  • La nomination de PETITCOLIN chez SAFRAN qui n’a pas fait les grandes écoles, dont le prédécesseur, HERTEMAN, était X-Supaero et dont le successeur désigné était (Olivier ANDRIES, X-Mines) ;
  • L’arrivée de SADOUN (EBS) chez PUBLICIS au lieu de l’un des dauphins présumés (Jean-Yves NAOURI, X-Mines)…
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