Un état des lieux bisannuel et sans concession des entreprises qui font l’économie mondiale.
L’ÉTUDE CAC 40 VCOMV :
Guerre commerciale, la force des patrons Davos.
VUCA, ce concept forgé par l’armée américaine n’est plus ce qu’il était :
• Le Volatile est devenu Violent,
• Le « Uncertain » s’est transformé en Unilatéral,
• Le Complexe a muté en Cynique,
• L’Ambigu s’est changé en Anarchique.
Les patrons des grandes entreprises se retrouvent aux premières loges des soubresauts mondiaux avec des vents de face monstrueux, c’est la guerre économique mondiale, totale et frontale :
• Guerre commerciale (Chine et États-Unis) à coup de barrières douanières mettant fin au libre-échange,
• Guerre industrielle avec des problèmes de ruptures d’approvisionnement,
• Guerre énergétique à la recherche éperdue d’une Énergie à bas prix,
• Guerre géopolitique compte tenu des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient,
• Guerre réglementaire avec la Commission européenne,
• Guerre fiscale avec un État français qui a failli du fait d’une dette abyssale et une Assemblée nationale qui est devenue, depuis la dissolution, un bateau ivre créant un climat de grande incertitude.
Dans ces conditions, les performances boursières, commerciales et financières ne suffisent plus pour juger de l’efficacité d’un patron. Il faut y ajouter la performance géographique et la dimension géopolitique désormais indispensables pour gérer le monde d’aujourd’hui.
Première chance du CAC 40 dans ce contexte de sauve-qui-peut géographique, c’est d’avoir des patrons aguerris aux crises :
• La crise du Covid :
* Airbus (un groupe à l’arrêt et une filière aéronautique en perdition).
• La guerre en Ukraine :
* Renault (cession de sa filiale russe Avtovaz et départ de la Russie, deuxième marché du groupe après la France),
* TotalEnergies (quinze milliards de dollars de dépréciations depuis 2022 en raison de ses activités en Russie).
Deuxième chance du CAC 40 : avoir modifié en profondeur le profil de ses dirigeants. En l’espace de vingt ans, ce sont les patrons Davos (nouveau monde) qui ont remplacé les patrons de l’entre-soi (ancien monde).
Le patron Davos obéit aux critères suivants :
• Il est à l’aise partout dans le monde car c’est sa culture et sa curiosité avec évidemment une prime donnée aux patrons étrangers du CAC 40 (Thomas Buberl, Axa, Aiman Ezzat, Capgemini, ou Paul Hudson, Sanofi) ;
• Il nourrit une vision 360° du monde économique et géopolitique comme Patrick Pouyanné qui a interpellé Donald Trump au dernier sommet de Davos en lui faisant admettre publiquement que la révolution de l’IA ne se ferait pas sans les renouvelables ;
• Il est agile et passé maître dans l’art du pivotement géographique pour capter les marchés porteurs ; d’où le cap mis sur le continent indien pour éviter de se retrouver entre le marteau américain et l’enclume chinoise (L’Oréal, Safran, Saint-Gobain, Schneider Electric ou TotalEnergies) ;
• Il a été formé à l’école Schlumberger (Hinda Gharbi, Bureau Veritas, et Catherine Macgregor, Engie, y ont passé plus de vingt ans de leur carrière) ;
• Il a constitué, comme Benoît Bazin chez Saint-Gobain, un Comex multiculturel incluant huit nationalités dont un Directeur financier indien.
Les patrons de l’entre-soi, c’est l’ENA, l’Inspection des finances, les cabinets ministériels, un profil de haut fonctionnaire le plus souvent sans formation supérieure à l’international et dépourvu d’expérience à l’étranger, des Conseils d’administration endogamiques et des Comex franco-français.
Au sein du CAC 40, le chassé-croisé en vingt ans est saisissant :
* 22,5 % de patrons étrangers (9/40 en 2025) contre 5 % en 2005 (2/40 : Lindsay Owen-Jones, L’Oréal, et Pasquale Pistorio, STMicroelectronics),
* 2,5 % d’énarques (1/40 : Alexandre Bompard : Carrefour) en 2025 contre 22,5 % (9/40) en 2005.